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START Aime - « Elles font des métiers d’homme » Portrait de Sarah CHELPI

Commandant de compagnie de gendarmerie en haute montagne

LE HASARD l’a conduite en haute montagne, le travail lui a fait atteindre des sommets. Des sommets que celle qui est devenue la première femme commandant de peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) en 2016 assure ne pas avoir fini de gravir.


Lorsque nous avions rencontré Sarah au mois d’août, la jeune femme de 36 ans venait de faire l’ascension du Mont-Blanc, « et franchement, ça se fait » sourit-elle. Avant de poursuivre, « enfin, ça se fait si on travaille dur et si on veut vraiment atteindre notre objectif ». Une précision comme un écho à l’histoire de sa vie.


Originaire de Cannes, Sarah fait des études de droit et se passionne très vite pour le droit pénal. Après plusieurs stages à la Police Municipale et en centre de détention, elle passe son concours d’officier de gendarmerie en 2007 avant d’intégrer deux ans d’école à Melun. Au départ, rien ne présage la jeune femme à exercer des fonctions en haute montagne mais elle est affectée à Megève où, à 25 seulement, elle dirige une communauté de brigades de 25 gendarmes.

Un univers néanmoins pas si étranger pour Sarah qui partage avec nous les souvenirs « d’une enfance Disneyland, durant laquelle nous allions skier tous les hivers en Haute-Savoie. »

La haute montagne devient son terrain de jeu favori. Escalade, ski de randonnée, expéditions, la jeune femme suit ses unités sur toutes les surfaces jusqu’à ce qu’on lui propose le poste de commandant en second du PGHM de Briançon qu’elle tiendra de 2013 à 2016 et celui de commandant du PGHM de Saint-Sauveur-sur-Tinée, une première pour une femme à ce poste. Depuis 2 ans, Sarah est commandant de compagnie de gendarmerie départementale à Chamonix où elle dirige plusieurs unités et une centaine de gendarmes.


Moins de 10% de femmes occupent aujourd’hui des postes de commandement dans la gendarmerie nationale.

Si l’institution se féminise de plus en plus, la gendarmerie ne compte encore que peu de femmes dans ses effectifs. Des chiffres et statistiques dont se désintéresse presque Sarah qui avoue s’agacer lorsqu’on la ramène « à mon « statut de femme » uniquement. » Et d’ajouter, « à part en droit, c’est vrai que j’ai toujours été en minorité, mais je ne l’ai jamais vu et personne ne me l’a jamais fait remarquer.



Ce qui compte ce sont les compétences.

Même dans le secours en montagne qui est une discipline très technique, personne ne s’encombre de ça, si tu fais l’affaire sur le terrain, tu fais l’affaire, point. Moi j’ai réussi à avancer parce que je ne me suis jamais posé cette question ou mis aucune barrière ».

Elle a pourtant dû essuyer quelques remarques, en début de carrière, lui conseillant de ne pas être « trop douce ou trop gentille, mais à bien réfléchir, je pense que c’est mon style de commandement. J’accorde beaucoup de place à l’humain, j’aime être proche de mes gendarmes, savoir comment ils vont, féliciter leurs femmes à l’hôpital quand elles viennent d’accoucher ou partager un super moment autour d’un barbecue, mais quand j’ai quelque chose à dire je le dis.

Les responsabilités et le commandement ne sont pas une entrave à la bienveillance. »



Une enfance choyée

Un caractère bien trempé et une détermination à toute épreuve, que la jeune femme a construit sur le socle d’une famille unie et d’un mari pilier. Petite fille curieuse, Sarah, issue d’une famille de 4 enfants multiplie les découvertes et les expériences pour, sans cesse, faire le plein de connaissances. « Je ne tenais pas trop en place et mes parents ont toujours été derrière chacun de nous quoique nous décidions de faire. On allait au musée, au cinéma, on sortait beaucoup et ils me soutenaient à chacune de mes nouvelles passions que ce soit le karaté, la danse ou l’art… ». Une force, qui lui a permis et lui permet encore de relever tous les défis. Le prochain ? « L’école de guerre pour accéder à des postes de commandant de groupement ou commandant de région. » Une ambition bientôt assouvie, Sarah venait de valider ses écrits lorsque nous l’avions rencontrée.


Un nouveau challenge synonyme de nouvelle aventure dont la maman de deux enfants âgés de 7 et 4 ans ne peut décidément pas se passer,


« J’ai besoin d’évoluer, de me challenger et de me remettre en question tout le temps. Et surtout, je n’ai besoin de l’approbation ou de l’autorisation de personne pour faire ce que j’ai envie de faire. »

Une si jolie leçon de vie… bravo !

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